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août 20th, 2011 by Leo Plaw Other language versions   

Prison, interdiction de peindre pour l’artiste norvégien Odd Nerdrum?

Odd Nerdrum self portrait, "The Saviour of Painting"

Odd Nerdrum auto-portrait, "The Saviour of Painting"

Odd Nerdrum attend maintenant de savoir s’il pourra continuer à peindre. Le 17 août dernier, le peintre norvégien était condamné à deux ans de prison pour fraude fiscale. De 1998 à 2002, il avait « oublié » de déclarer près de 14 millions de couronnes norvégiennes (1,8 millions d’euros) de revenues. Près d’un million de dollars en cash ont également été découvert à son nom dans une banque autrichienne, devait servir à rembourser certains acheteurs de toiles qui auraient demandé un remboursement, selon l’explication du peintre. Odd Nerdrum ajoutait qu’il a quitté la Norvège il y a dix ans, et qu’il vit désormais en Islande, pays dans lequel il paie ses impôts. Mais les arguments n’ont pas conquis le tribunal, pour qui «la seule motivation pour placer cet argent en Autriche, c’était d’éviter les impôts en Norvège».

Le peintre norvégien Odd Nerdrum compte faire appel contre sa condamnation à deux ans de prison pour évasion fiscale « grossière » – un jugement qui pourrait lui couter sa liberté artistique. La sévérité de la peine a bien surpris la communauté artistique d’Oslo.

Durant son procès, l’artiste a déclaré que l’argent devait servir à rembourser, éventuellement, les prix d’achats de 36 œuvres produites dans les années 1980 sur un support expérimental. Les matériaux utilisés seraient très vulnérables à la chaleur et la peinture avait fondue, ouvrant le chemin à des demandes de compensation des acheteurs. Nerdrum avait montré à la cour son œuvre détériorée Skyen, d’une série importante de l’artiste, dont un tableau s’est vendu 1,9 millions de couronnes (245,000 euros) en 2008. Il a ajouté, selon le Dagsbladet, qu’il avait déjà réglé ses dettes d’impôts en deux fois, en 1998 et 2002. Lors de son audition devant la justice, le peintre avait expliqué: « Je ne suis pas bon avec les chiffres. Vous vous y connaissez vous en térébenthine de Venise ? Non, mais je n’attend pas de vous que ce soit le cas».

L’artiste s’est maintenant réfugié dans son hôtel particulier à Maisons-Laffitte. Dans un email envoyé au Dagsbladet, il regrette le jugement, déclarant que « en plus des deux ans de prison, je perds mon visa pour les Etats-Unis. Je ne pourrait plus enseigner a! Maryland Institute College of Art, au Pennsylvania Academy of Fine Art ou au New York Academy of Art. Les autorités norvégiennes sont-elles satisfaites ? » Il avait déjà qualifié son procès d’« absurdité » et accusé les procureurs de chercher à le mener au bord du suicide.

Odd Nerdrum pourrait perdre encore plus pendant son incarcération – ou bien en tirer profit. Selon la loi norvégienne, aucune activité professionnelle ne peut être exercée en prison, et le peintre risque alors de ne plus avoir droit à ces pinceaux. Toutefois, en ce qui concerne les hobbys, chaque cas est jugé individuellement.

Selon l’avocat Jørgen A. Stubberud, cité dans l’Aftenbladet, Odd Nerdrum pourrait aussi invoquer des principes d’égalité, de liberté d’esprit et de liberté d’expression, puisque rien n’empêche les autres prisonniers de peindre. L’avocat ajoute que si les possibilités de vente et d’affaires sera certainement limitées, rien n’empêchera le peintre de vendre ses œuvres de tôle après sa libération. Pour l’Aftenbladet, le professeur en droit au Handelshøyskolen BI, Ole Gjerns-Onstad, prévoit une solution, du moment que l’artiste n’en demande pas trop en matière de matériel.

Dagbladet note, en plus, que la cote de Odd Nerdrum pourrait monter avec ce nouvel élan de sa célébrité. « La valeur publicitaire de son incarcération pourrait être divine », déclare le sociologue et directeur de l’école d’affaires Markedshøyskolen à Oslo, Trond Blindheim.

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